Gloriette Petite-Hollande à Nantes : un parc de 8 hectares à la place du parking
SOMMAIRE
- Une idée de 2017, recadrée par la canicule de 2022
- Le projet en deux temps
- Trois dates à mettre dans l'agenda
- Mille arbres, quatre hectares de pleine terre
- Un marché qui se redéploie sous les micocouliers
- Une aire de jeux dessinée par les enfants du quartier
- La voiture recule, le tram prend le relais
- Le premier maillon d'une promenade entre la gare et la Loire
- Vivre l'hypercentre pendant quatre ans
- Le projet en chiffres
- Foire aux questions
Le 3 septembre 2026, les premiers engins entrent en piste sur la place Gloriette-Petite Hollande. À l'horizon 2030, un parc-archipel de 8 hectares aura remplacé le vaste parking qui s'étend aujourd'hui des rives de la Loire au cœur du centre-ville nantais. Entre-temps, le boulevard des Nations-Unies sera fermé à la circulation pendant les travaux, le quai de la Fosse passera en circulation limitée, le marché du samedi rejoindra sa configuration définitive au printemps 2028, et 650 arbres seront mis en terre. Récit d'une métamorphose engagée depuis près de dix ans, puis redimensionnée après l'été caniculaire de 2022.
Une idée de 2017, recadrée par la canicule de 2022
L'histoire de Gloriette-Petite Hollande commence avec une consultation citoyenne lancée en 2017 par la municipalité. À l'époque, l'objectif est déjà de transformer ce parking de bord de Loire, l'un des plus grands du centre-ville, en espace public végétalisé. Le projet avance pendant cinq ans, croise les avis des riverains, des commerçants, des associations.
Puis l'été 2022 arrive. La canicule frappe Nantes comme le reste de la France. Les services de la Métropole reprennent leurs copies. Sur la Petite-Hollande, la nouvelle version du projet pousse plus loin l'ambition climatique : un hectare supplémentaire de pleine terre, 400 arbres de plus, et un objectif chiffré inédit à Nantes.
Thomas Quéro, vice-président de Nantes Métropole délégué à la métropole nature, résume l'enjeu lors de la présentation du calendrier officiel le 8 juin dernier : viser une diminution des températures de 8 degrés par rapport à l'existant en épisode de fortes chaleurs. Au passage, le budget passe de 60 à 43 millions d'euros, les espaces verts coûtant moins cher que les surfaces pavées.
Le projet en deux temps
Le chantier se découpe en deux phases. La première démarre le 3 septembre 2026 et concerne la moitié nord de la place. Elle court jusqu'à l'été 2028. La seconde prend le relais sur la moitié sud, de l'été 2028 au printemps 2030.
Cette division en deux temps n'est pas qu'une affaire de logistique de chantier. Elle répond à une contrainte concrète : permettre au marché hebdomadaire du samedi de s'installer dès le printemps 2028 dans sa configuration définitive, sans attendre la fin complète des travaux. C'est ce que rappelait Gildas Salaün, adjoint au quartier centre-ville, en juin : phaser le projet, c'était d'abord garantir le marché.
Trois dates à mettre dans l'agenda
Pour les habitants du centre, l'été et l'automne 2026 vont s'enchaîner à un rythme soutenu.
Du 15 juin au 31 août. La Semitan rénove la plateforme du tramway. Le trafic de la ligne 1 est interrompu entre Commerce et Gare Maritime. Des bus-relais assurent la liaison.
3 septembre. Fermeture définitive du boulevard des Nations-Unies. Les voitures sont déviées par la rue Gaston-Veil, le quai de Tourville et la rue Gaston-Michel. Seul l'accès au parking Petite-Hollande reste ouvert par l'ouest.
Octobre. Le quai de la Fosse passe en zone à trafic limité entre les rues Cap-Horniers et Jean-Jacques Rousseau. Riverains, taxis et livreurs y conservent l'accès. Le parking Médiathèque reste joignable.
Le parking de la Petite-Hollande, lui, garde ses 250 places pendant toute la phase 1. Sa fermeture définitive interviendra en 2028. Selon la Métropole, les deux parkings de proximité, Médiathèque et Commerce, disposent ensemble de 866 places et ne saturent pas, même les jours de marché.
Mille arbres, quatre hectares de pleine terre
Sur les 8 hectares concernés, 4 hectares seront consacrés à la nature et aux espaces arborés. 650 nouveaux arbres seront plantés, en plus des 350 arbres conservés, pour atteindre environ 1 000 arbres au total. Une soixantaine ont d'ailleurs pris racine dès 2025, lors d'une phase test qui a aussi vu disparaître 2 500 m² de bitume au profit de mobiliers, de tables d'échecs, de terrains de pétanque et d'une table de ping-pong.
Cette préfiguration a fait l'objet d'une enquête menée par l'institut TMO à l'été 2025. Résultat : 86 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites des aménagements temporaires. De quoi conforter les élus dans le scénario définitif.
Le futur parc s'organise comme un archipel. Des îles végétales inspirées de la nature ligérienne alternent avec des prairies et des zones de circulation douce. Le projet, dessiné par l'agence parisienne TER, accompagne aussi un travail sur les sols : les surfaces imperméables sont réduites au minimum pour permettre l'infiltration des eaux de pluie.
L'ambition résumée par Gildas Salaün tient en une phrase : remplacer 1 000 voitures par 1 000 arbres.
Un marché qui se redéploie sous les micocouliers
Le marché du samedi est l'un des plus anciens et des plus fréquentés de Nantes. Sa continuité a structuré toute la chronologie du chantier.
Pendant la phase 1, les étals restent sur le boulevard des Nations-Unies, en configuration provisoire. Au printemps 2028, le marché bascule dans sa version définitive : il s'étire au nord, tout en longueur, sous les allées de micocouliers, jusqu'au square Daviais. Une esplanade équipée de branchements eau et électricité prolonge le dispositif. Elle pourra accueillir d'autres événements la semaine.
Une Commission de Règlement à l'Amiable est par ailleurs mise en place pour les commerçants du périmètre dont l'activité serait affectée par les travaux.
Une aire de jeux dessinée par les enfants du quartier
Au cœur du futur parc, une aire de jeux pour les 0-12 ans verra le jour au printemps 2028. Sa conception est confiée à un artiste, mais le brief vient des premiers usagers : les élèves des écoles Chêne d'Aron et Émile-Péhan, et les assistantes maternelles du quartier.
La méthode a déjà été employée pour le dragon du miroir d'eau, devenu l'un des spots les plus photographiés du centre-ville. L'idée est de partir des envies des enfants, puis de confier à un concepteur le soin de les traduire en mobilier urbain. Le nom de l'artiste retenu sera connu fin 2026.
Le square Daviais, lui, conservera sa forme en creux caractéristique. De nouvelles rampes d'accès faciliteront le passage des poussettes et des personnes à mobilité réduite.
La voiture recule, le tram prend le relais
Le projet redessine totalement la hiérarchie des mobilités sur la place. Le piéton devient prioritaire. Un itinéraire cyclable en site propre est créé en partie sud, pour éviter les conflits d'usage. La voiture ne disparaît pas pour autant : un axe traversant à double sens est maintenu, reprenant dans les grandes lignes le tracé actuel du boulevard des Nations-Unies.
Côté transports en commun, la station Médiathèque sera réaménagée dès l'été 2026 pour préparer l'arrivée de la ligne 6 du tramway, attendue fin 2027. Le secteur va passer d'une desserte par une seule ligne à une desserte par deux lignes, dans un contexte où l'ensemble du réseau bascule d'une organisation en étoile, convergeant vers Commerce, à un réseau maillé.
Le premier maillon d'une promenade entre la gare et la Loire
Petite-Hollande n'est pas un projet isolé. Il s'inscrit dans deux ensembles plus larges.
Le premier est la promenade nantaise, un axe piéton continu qui doit relier à terme la gare SNCF au fleuve. Petite-Hollande en constitue le maillon central, charnière entre l'hypercentre et la rive nord de la Loire.
Le second est le projet Loire au cœur, qui ambitionne de rouvrir aux Nantais les 4 kilomètres de berges entre le canal Saint-Félix et le Bas-Chantenay. Petite-Hollande est ici le point de départ. Le quai de la Fosse réaménagé, élargi pour les piétons et apaisé pour les voitures, doit prolonger l'expérience vers l'ouest, en passant par le pont Anne-de-Bretagne, lui aussi en chantier.
Ces deux logiques expliquent pourquoi un projet en apparence local (réaménager un parking) mobilise un tel niveau d'investissement et d'attention politique. Petite-Hollande est en quelque sorte le test grandeur nature de la stratégie nantaise de réappropriation de la Loire.
Vivre l'hypercentre pendant quatre ans
Pour les riverains, la décennie 2020 se termine dans le bruit des engins. Après Feydeau-Commerce, après les rails posés sur le boulevard Léon-Bureau pour les lignes 6 et 7, après le réaménagement de la station Médiathèque, Petite-Hollande prend le relais. Le centre-ville nantais vit une phase de transformation continue.
Les nuisances ne sont pas niées. Bruit, poussière, accessibilité automobile plus complexe, en particulier entre septembre 2026 et juin 2027, période où la fermeture du boulevard des Nations-Unies se cumule avec la circulation limitée sur le quai de la Fosse. La Métropole annonce une communication de chantier. En parallèle, l'enquête en ligne ouverte sur jereponds.fr permet encore, jusqu'à fin juillet 2026, de donner un avis sur les aménagements temporaires testés sur la place.
D'ici là, une journée festive est organisée samedi 27 juin sur la place. Au programme : animations, présentation du projet en réalité virtuelle, et démontage progressif du mobilier installé pour la phase test. Une manière de dire au revoir au parking, avant que les engins n'arrivent.
Le projet en chiffres
| Démarrage des travaux | 3 septembre 2026 |
| Livraison du parc complet | Printemps 2030 |
| Budget total | 43 millions d'euros |
| Surface réaménagée | 8 hectares |
| Surface végétalisée | 4 hectares |
| Arbres au total | Environ 1 000, dont 350 conservés et 650 plantés |
| Objectif climatique | −8 °C en canicule |
| Places de parking supprimées à terme | environ 1 000 |
| Concepteur | Agence TER (Paris) |
Foire aux questions
Quand les travaux démarrent-ils ?
Le 3 septembre 2026, sur la partie nord de la place. La partie sud prendra le relais en 2028.
Quand sera livré le parc ?
Au printemps 2030.
Combien coûte le projet ?
43 millions d'euros, contre 60 millions dans la version initiale. La part plus importante donnée au végétal a permis d'alléger la facture.
Combien d'arbres seront plantés ?
650 nouveaux arbres, qui s'ajoutent à ceux déjà présents pour atteindre un total d'environ 1 000.
Le marché du samedi est-il maintenu ?
Oui. Il reste sur le boulevard des Nations-Unies pendant la phase 1, puis se redéploie au printemps 2028 dans sa configuration définitive, au nord de la place, sous les allées de micocouliers.
La ligne 1 du tramway est-elle coupée ?
Oui, entre Commerce et Gare Maritime, du 15 juin au 31 août 2026, pour la rénovation de la plateforme. Des bus-relais assurent la liaison.
Que devient le parking de la Petite-Hollande ?
Ses 250 places sont maintenues jusqu'en 2028, puis supprimées. Les parkings Médiathèque et Commerce, à proximité, conservent ensemble 866 places.
Le quai de la Fosse sera-t-il fermé ?
Il passe en zone à trafic limité dès octobre 2026, entre les rues Cap-Horniers et Jean-Jacques Rousseau. L'accès reste possible pour les riverains, les taxis et les livreurs.
Morgane Caillière
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