Primo-accédants : le PTZ ne s'éteindra pas fin 2027

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le vendredi 25 septembre 2026

[ mis à jour le vendredi 25 septembre 2026 ]

SOMMAIRE

Il restait quinze mois au prêt à taux zéro avant son extinction. Dans une lettre aux acteurs du logement datée du 23 septembre 2026, Sébastien Lecornu s'engage à le prolonger au-delà du 31 décembre 2027. Au moment où les taux de crédit remontent, quelque 70 000 ménages par an devraient garder un coup de pouce à 0 % pour devenir propriétaires.

Plus de 2 milliards d'euros par an en jeu

Le 23 septembre 2026, les acteurs du logement réunis à Bordeaux pour le congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH) ont reçu une lettre du Premier ministre. Sébastien Lecornu y dresse un constat sévère : « Le compte n'y est pas pour atteindre les 400 000 logements par an dont le pays a besoin ».

Parmi ses engagements figure la survie du PTZ (prêt à taux zéro), ce crédit sans intérêts que l'État finance aux côtés d'un prêt bancaire classique pour un premier achat. Le gouvernement « prolongera au-delà de 2027 le prêt à taux zéro », écrit-il.

L'enjeu budgétaire est réel : d'après la lettre, le dispositif mobilise 2,4 milliards d'euros par an. Sans nouveau texte, il s'éteindrait avec les offres de prêt émises au 31 décembre 2027, échéance fixée par l'article 71 de la loi de finances pour 2024.

Le Premier ministre ne fixe ni nouvelle date butoir, ni barèmes. Tout se jouera dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, attendu en Conseil des ministres le 1er octobre 2026.

Ce budget prévoit 54 milliards d'euros d'économies. Il préserve pourtant les 500 millions d'euros accordés au logement social en 2026, signe que le logement échappe en partie à la rigueur.

Qui peut en profiter aujourd'hui ?

En 2024 et jusqu'au 31 mars 2025, le PTZ ne finançait le neuf qu'en immeuble collectif, et seulement dans les zones tendues (A bis, A et B1). Depuis le 1er avril 2025, il couvre tout logement neuf, appartement ou maison, partout en France. L'ancien reste l'exception : il n'est éligible qu'en zones B2 et C, avec des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération.

Le prêt est réservé aux primo-accédants, c'est-à-dire aux ménages qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes. La règle tombe pour les titulaires d'une carte d'invalidité ou de l'AAH (allocation aux adultes handicapés), et pour les ménages dont le logement a été rendu inhabitable par une catastrophe naturelle ou technologique. L'acheteur s'engage enfin à habiter le logement dans l'année qui suit l'achat, au moins huit mois par an.

Revenus ou prix du logement : le plus élevé des deux compte

Les banques ne regardent pas seulement le revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2. Elles retiennent le plus élevé de deux montants : le total des RFR des futurs occupants, ou le coût total de l'opération divisé par 9.

Ce montant est d'abord comparé au plafond de ressources, qui dépend de la zone du logement. Il est ensuite divisé par un coefficient familial (1,5 pour un couple) pour fixer la tranche, de 1 à 4.

Nombre d'occupantsZones A bis et AZone B1Zone B2Zone C
149 000 €34 500 €31 500 €28 500 €
273 500 €51 750 €47 250 €42 750 €
388 200 €62 100 €56 700 €51 300 €
4102 900 €72 450 €66 150 €59 850 €
5 et plus117 600 €82 800 €75 600 €68 400 €

Le coût de l'opération pris en compte est lui aussi plafonné. En zones A bis et A, il va de 150 000 € pour une personne seule à 360 000 € à partir de cinq occupants, contre 100 000 € à 240 000 € en zone C.

Dans le neuf collectif, le PTZ couvre jusqu'à 50 % de ce coût retenu en tranche 1, 40 % en tranches 2 et 3, et 20 % en tranche 4. En maison individuelle, ces parts tombent à 30 %, 20 % et 10 %. Sa durée de remboursement peut atteindre 25 ans, avec un différé d'au moins deux ans.

Un couple, un T3 neuf à Nantes : deux cas de figure

Un couple sans enfant achète un appartement neuf à 280 000 € à Nantes, classée en zone A depuis l'arrêté du 5 juillet 2024. Le coût divisé par 9 donne 31 111 €. Le coût retenu pour deux personnes plafonne à 225 000 €.

RFR de 35 000 € : 35 000 € dépasse 31 111 €, c'est donc ce montant qui compte. Divisé par 1,5, il donne 23 333 € : tranche 1. Le PTZ peut atteindre 50 % × 225 000 € = 112 500 €.

RFR de 60 000 € : divisé par 1,5, il donne 40 000 € : tranche 4. Le PTZ peut atteindre 20 % × 225 000 € = 45 000 €.

Le calcul se fait sur le coût plafonné, pas sur le prix réel du logement. Le montant accordé dépend aussi du reste du plan de financement, à commencer par l'apport personnel des primo-accédants.

En tranches 2 à 4, le PTZ ne peut pas dépasser le total des prêts de plus de deux ans qui l'accompagnent.

Pourquoi chaque hausse de taux renforce l'intérêt du prêt à taux zéro

Chaque euro prêté à 0 % remplace un euro qu'il aurait fallu emprunter au prix du marché. Plus le crédit classique coûte cher, plus le PTZ pèse dans le budget.

Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen des prêts immobiliers atteignait 3,31 % en août 2026, et 3,24 % pour l'achat dans le neuf. Il gagne 3 points de base par mois depuis juin.

La lettre du Premier ministre évoque des taux « qui dépassent désormais les 4 % ». Les crédits aux particuliers restent pourtant en dessous.

Ce seuil correspond plutôt à l'OAT à 10 ans (obligation assimilable du Trésor, l'emprunt de référence de l'État). Elle a repassé la barre des 4 % le 23 juillet 2026, une première depuis 2009.

La hausse des taux de la Banque centrale européenne du 10 septembre 2026 ajoute une pression. Plusieurs courtiers, cités par le réseau IMOP, voient les taux moyens sur 20 ans grimper vers 3,7 % à 4 % d'ici la fin de l'année.

Au taux moyen de 3,35 % sur 25 ans relevé en août 2026, emprunter 112 500 € coûterait environ 53 800 € d'intérêts, hors assurance. Pour 45 000 €, la facture approcherait 21 500 €.

Donné en ordre de grandeur, le calcul ignore les différés de remboursement du PTZ, qui varient selon la tranche, et suppose un taux constant sur toute la durée.

Offre de prêt, VEFA, barèmes : ce que la prolongation change pour les acheteurs

Dans une vente en l'état futur d'achèvement (VEFA, l'achat sur plan), la date qui compte pour le PTZ est celle de l'offre de prêt. La livraison du logement n'entre pas en ligne de compte.

La prolongation sécuriserait donc surtout les projets dont l'offre serait émise après le 31 décembre 2027 : un programme repéré en 2027, une signature chez le notaire en 2028. Pour un acheteur qui signe d'ici là, les règles actuelles s'appliquent déjà aux appartements neufs vendus en VEFA.

Un PTZ prolongé pourrait aussi sortir recentré, pour tenir un budget sous contrainte : quotités réduites, plafonds gelés, zonage revu. Le texte du PLF dira :

Reporter un projet à 2028, c'est accepter de ne pas connaître ces barèmes. Ceux de 2026 sont connus et s'appliquent dès aujourd'hui.

Et pour les jeunes parents ? Un second prêt dans la même lettre

La lettre confirme aussi un PTZ ouvert aux ménages « ayant un enfant à naître, ou né il y a moins de trois ans ». Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, l'avait annoncé le 20 septembre 2026 sur Europe 1 sous le nom de « PTZ parentalité ».

Selon les paramètres publiés par Le Parisien le 18 septembre 2026, ce prêt serait ouvert aux ménages déjà propriétaires, dans le neuf comme dans l'ancien.

Il reprendrait les plafonds de ressources du PTZ actuel. Son montant pourrait atteindre 180 000 € pour un foyer d'au moins cinq personnes en zone A.

Le détail du dispositif figure dans notre article consacré au PTZ parentalité du budget 2027. Comme la prolongation du PTZ classique, il ne vaudra qu'une fois le budget voté.

Sources

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