Les projets urbains à Nantes

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SOMMAIRE

Métropole de rang européen, Nantes connaît une démographie positive due à la croissance naturelle ainsi qu’à l’arrivée de nouveaux habitants attirés par une certaine qualité de vie et par l'efficacité des politiques publiques, notamment en matière de projets urbains. En 2013, la ville a d’ailleurs eu l’honneur d’être élue “Capitale verte de l’Europe” par la Commission européenne.

Nantes comptait 325 070 habitants en 2022, tandis que Nantes Métropole en réunissait 683 981. Cette croissance continue pose plusieurs défis à la ville et à son agglomération, notamment en matière de logement, de transport, de développement économique, d’attractivité, de transition écologique et d’offre culturelle.

La reconquête du cœur de Nantes s’inscrit dans ce contexte. Autour de la Loire, les grands projets urbains transforment des secteurs industriels, ferroviaires ou routiers en quartiers mixtes, avec de nouveaux logements, des équipements publics, des espaces verts, des lieux culturels, des bureaux et des mobilités renforcées.

Ce sont 75.000 habitants qui devraient peupler Nantes à l’horizon 2030, dont 87% seront issus du solde naturel. Cela augure des défis à venir pour la ville, notamment en matière de logement, de transport, de développement économique, d’attractivité, de développement durable ou encore d’offre culturelle.

La reconquête du coeur de Nantes s’inscrit dans ce contexte : 200 hectares de friches sont disponibles et ne demandent qu’à accueillir de nouveaux équipements, qu’ils soient universitaires, administratifs, culturels, de santé ou encore commerciaux. Avec pour point commun : la Loire en toile de fond.

L’Île de Nantes : extension du centre-ville

Située entre les deux bras de la Loire, l’Île de Nantes ou "Île Beaulieu" bénéficie d’une situation privilégiée. La zone fait l’objet d’une vaste transformation urbaine portée par la SAMOA, avec une nouvelle phase structurée autour du futur CHU, du Quartier hospitalo-universitaire, des espaces publics et de nouveaux programmes mixtes.

La fermeture progressive de plusieurs usines et entrepôts a permis de transformer l’Île de Nantes en une extension du centre-ville. Autrefois quartier ouvrier en raison de la présence des Chantiers Dubigeon, en activité jusqu’en 1987, l’île est devenue l’un des principaux laboratoires urbains nantais.

Dans ce contexte, la zone accueille de nouveaux logements, des équipements publics, des bureaux, des écoles, des lieux culturels et des espaces de promenade. Le futur hôpital, en construction sur la rive sud de la Loire, doit regrouper 13 bâtiments sur 230 000 m² et entrer en service courant 2028.

L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes ainsi que le Palais de justice se trouvent à proximité de nouveaux espaces de loisirs et de convivialité :

Les désormais célèbres “Machines de l’île” ont pris place dans la nef des anciens chantiers navals et constituent une attraction touristique de poids. À l’extrémité Ouest de l’île, le Hangar à Bananes abrite un complexe commerçant constitué de restaurants, de bars et de discothèques.

La culture, la formation et la santé font également partie de la reconversion de l’Île de Nantes, comme en témoigne la présence ou l’arrivée de structures telles que :

Deux éléments décoratifs sont devenus emblématiques de l’Île de Nantes : les grues Titan ainsi que les Anneaux de Buren. La nouvelle phase du projet urbain doit renforcer cette centralité autour de plusieurs aménagements :

En lieu et place de plusieurs emprises industrielles ou tertiaires, de nouveaux quartiers mixtes voient le jour. Ils associent logements, commerces, bureaux, équipements publics, espaces paysagers et services de proximité, dans le prolongement du centre-ville nantais.

Le quartier de la gare, secteur aux multiples usages

La gare de Nantes a connu une transformation majeure avec l’ouverture de sa gare-mezzanine, longue de 160 mètres et suspendue au-dessus des voies ferrées. Entrée en service en novembre 2020, elle relie le nord et le sud de la ville, améliore les circulations et offre de nouveaux services aux voyageurs.

Le projet s’est décliné en deux axes : la rénovation et l’agrandissement de l’existant grâce à une gare mezzanine dédiée aux circulations, commerces et services ; le réaménagement des espaces publics adjacents.

Le parvis nord a été remodelé et végétalisé, tandis que le parvis sud a achevé sa mue en 2022. Les aménagements se sont poursuivis avec le pôle d’échanges multimodal livré en 2025 au sud de la gare, comprenant notamment une gare routière, un parking vélos de 1 200 places, une cour de taxis, des agences de location de voitures, des bureaux et de nouveaux programmes urbains.

Outre la transformation de la gare elle-même, c’est tout le quartier environnant qui bénéficie du projet. La rénovation du secteur Malakoff Pré-Gauchet a permis d’inscrire de nouveaux logements, équipements publics, bureaux et espaces publics dans une logique de mixité sociale et de développement durable.

Pour ce qui est du secteur de l’emploi, le quartier de la gare s’inscrit aussi dans le périmètre d’Euronantes, quartier d’affaires qui relie la gare, le Centre des congrès et l’Île de Nantes. Bureaux, logements, hôtels, commerces, équipements sportifs et loisirs y accompagnent la transformation du cœur métropolitain.

Autour du canal Saint-Félix, les nouveaux espaces publics et les connexions piétonnes renforcent le lien entre la gare, la Cité des congrès, le Jardin des plantes, Malakoff et le centre-ville.

Écoquartier Bottière Chénaie : la nature en ville

Dans l’Est nantais, les 35 hectares d’anciennes terres maraîchères accueillent progressivement un écoquartier mixte et durable. Nantes Métropole indique que 1 850 logements ont déjà été construits, sur un total de 2 400 logements prévus, avec des commerces, des services et plusieurs équipements publics : médiathèque Floresca-Guépin, école Julien-Gracq, deux crèches et gymnase.

Le mail Haroun-Tazieff, arboré et longé par le ruisseau des Gohards, est conçu comme le cœur battant de ce quartier. Plusieurs parcours piétons permettent de rejoindre les quartiers voisins tels que Bottière-Pin-Sec ou le Vieux-Doulon.

D’un point de vue architectural, c’est la diversité qui a été privilégiée. L’écoquartier cumule différents modes d’habitats afin de s’ouvrir à plusieurs profils de résidents : logements collectifs, maisons individuelles, habitat groupé, habitat participatif, jardins, espaces communs piétons.

Le projet Bottière Chénaie fait aussi la part belle à l’aspect paysager afin de conserver la “mémoire maraîchère” des lieux. Le ruisseau des Gohards a été remis à ciel ouvert, les eaux pluviales sont gérées par des bassins et des fossés, et les espaces publics accordent une large place aux jardins partagés, aux cheminements doux et à la végétation.

La dernière ligne droite du projet doit se poursuivre jusqu’en 2027, avec la livraison de nouveaux logements et de commerces autour de la route de Sainte-Luce.

Projets “pêle-mêle”

Les projets urbains foisonnent à Nantes et concernent aussi bien les quartiers périphériques que le centre-ville. En 2026, plusieurs opérations structurent la transformation de la ville et de sa métropole, autour de la Loire, des mobilités, des espaces publics et de la reconquête de secteurs déjà urbanisés.

À l’Ouest du centre-ville, le projet Bas-Chantenay vise à transformer ce quartier autrefois industriel et populaire, tout en conservant son identité productive. Entre la butte Sainte-Anne et la Loire, le secteur couvre 200 hectares et 3 km de rives. Les cales Roche-Maurice, Bois Hardy, Usine Électrique, Dubigeon et Carrière Miséry doivent accueillir des logements, des bureaux, des commerces, des équipements, des loisirs et de nouvelles activités économiques.

Au sud de la Loire, Pirmil-les-Isles fait partie des grands projets urbains qui redessinent l’agglomération. À cheval entre Rezé et Nantes, la ZAC doit accueillir 3 300 logements, 100 000 m² de bureaux, commerces et équipements, ainsi que 50 000 arbres plantés. Les premiers logements sont attendus en 2027 sur le site des anciens abattoirs, tandis que la piscine olympique métropolitaine est annoncée pour fin 2028.

Dans le centre de Nantes, la place Gloriette-Petite-Hollande doit passer d’un vaste parking minéral à un parc arboré. Le projet prévoit 4 hectares de pleine terre, 1 000 arbres, une place centrale pour le marché, des espaces de détente et des équipements de loisirs. La transformation doit s’engager en 2026 pour une livraison attendue à l’horizon 2030.

À l’Est, Doulon-Gohards développe une autre manière de fabriquer la ville, entre agriculture urbaine, espaces naturels, logements et services. Le projet prévoit 2 300 logements, 110 hectares d’espaces naturels et plusieurs fermes urbaines, avec un horizon fixé à 2034. Plus au nord, le Champ-de-Manœuvre doit accueillir 2 000 logements dans un quartier nature à l’horizon 2032.

Les mobilités constituent également un fil conducteur des transformations urbaines nantaises. À partir de fin 2027, deux nouvelles lignes de tramway, les lignes 6 et 7, et une nouvelle ligne de busway électrique, la ligne 8, doivent renforcer les liaisons nord-sud et est-ouest. Ces travaux s’accompagnent notamment du doublement du pont Anne-de-Bretagne, de l’aménagement du pont des Trois-Continents et de nouveaux espaces pour les piétons, les vélos et les parkings-relais.

Les politiques publiques à Nantes