Qu’est-ce que l’Arbre aux Hérons à Nantes ?

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Publié le 30 juillet 2021 par

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SOMMAIRE

L’Arbre aux Hérons de Nantes est une œuvre d’art implantée au cœur de l’ancienne carrière Misery, à Chatenay, un site unique. Il s’agit de la troisième étape du grand projet de rénovation urbaine de l’île de Nantes. C’est en juillet 2017 que la présidente de la Métropole, Johanna Rolland, a officialisé le lancement du projet. Sa réalisation nécessitera 5 ans. C’est un projet de partage qui a subi une phase d’étude de 2017 à 2021. La création du fonds de dotation de l’Arbre à Hérons par Nantes Métropole permet d’associer des partenaires privés et publics.

Par ailleurs, il ouvre la possibilité aux particuliers de partager une aventure artistique hors du commun. La campagne de financement participatif du projet a permis de récolter 373 525 euros sur une durée de 7 semaines. Cette architecture en mouvement, située à 800 mètres de l’île de Nantes, accompagne la requalification du quartier du bas-Chantenay et la création d’un nouveau jardin urbain baptisé « Le Jardin extraordinaire ». Ces projets donneront, sans nul doute, un véritable coup de pouce au marché de l’immobilier neuf à Nantes. Le point sur les détails de l’Arbre aux Hérons à Nantes.

L’Arbre aux Hérons à Nantes : le lancement imminent des travaux

Le directeur des Machines de l’île, Pierre Orefice, a précisé dernièrement que le lancement du chantier pour la construction de l’Arbre aux Hérons sera bientôt officialisé par la présidente de Nantes métropole.

Les études préalables à la construction de l’architecture sont bel et bien terminées. Les responsables ont déploré un an et demi de retard sur le chantier, avec les élections et la crise sanitaire. Toutefois, l’inauguration est prévue à l’horizon 2027.

Le projet a été imaginé par François Delaroziere et Pierre Orefice. C’est un nouveau défi des Machines de l’île ainsi que de la compagnie La Machine. Il sera habité par un Bestiaire mécanique et surmonté de deux majestueux Hérons. Le concept est audacieux, il sera possible d’embarquer dans les Hérons pour profiter d’un vol circulaire à 40 mètres de hauteur.

©saiko3p – Shutterstock

Les phases de test du grand héron débutent cet été

La compagnie La Machine, à qui l’on doit déjà le Caméléon et l’Éléphant, effectue des tests du grand héron. Ce dernier est composé d‘immenses bras articulés et de quatre nacelles, le tout prenant la forme d’un bel oiseau. Cette phase est primordiale pour s’assurer de la sécurité des futurs visiteurs. En effet, l’architecture a une envergure de 16,5 mètres et pèsera au total 35 tonnes. Elle pourra embarquer 10 personnes dans ses nacelles et 8 autres sur son dos, à 40 mètres de haut. Un défi technique qu’il faudra relever avec une précision chirurgicale. Tout le monde peut venir assister aux tests prévus et en apprendre un peu plus sur les étapes du chantier. Pour cela, une série de photographies a été accrochée sur le grillage entourant l’installation, retraçant les différentes phases du projet, de la modélisation à la construction des nacelles.

©NautilusJean-Dominique Billaud - Wikimedia Commons

Un projet qui nécessite une enveloppe de 52 millions d’euros

La facture s’est fortement alourdie, avec une hausse de près de 20 millions d’euros. L’Arbre aux Hérons coûtera finalement plus de 52 millions d’euros. L’Arbre mesurera 35 mètres de haut et abritera bestiaire mécanique et végétation. Le nombre des branches a été revu à la baisse, 17 au lieu des 22 initialement prévues. Ce projet, installé au sein du Jardin extraordinaire, a subi un envol remarquable du budget qui lui est alloué. Cela est essentiellement dû à l’inflation, d’une part, mais aussi et surtout à la complexité du projet en lui-même. Par ailleurs, le coût des études de faisabilité a également explosé à hauteur de 54 %, pour une facture atteignant les 4,4 millions d’euros. Le principe de cofinancement à parts égales entre Nantes métropole, les partenaires privés et les partenaires publics a été conservé. Chaque partie devra donc réunir 17,5 millions d’euros. Le vice-président de Nantes métropole, Fabrice Roussel, estime qu’il s’agit d’un investissement raisonnable.

Rappelons que la collectivité métropolitaine avait déjà apporté sa contribution, avec une enveloppe de 6 millions d’euros. Pour le poste des partenaires publics, un peu plus de 10 millions d’euros ont été trouvés, notamment grâce à la participation du département, de la région et de l’État. Du côté des partenaires privés, 6 millions d’euros ont également été trouvés par le biais d’un fonds de dotation rejoint par un peu moins d’une quarantaine d’entreprises implantées sur le territoire.

Lors de sa visite à Nantes en février dernier, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé que «l’État contribuera au financement du projet pour un montant de 1,70 million d’euros pour cette année, puis participera à son financement sur la période 2022-2026».

L’Arbre aux Hérons devrait accueillir environ 4 000 visiteurs par jour

Cette œuvre unique verra donc le jour dans 6 ans, selon les dernières prévisions. Pour atteindre la cime, les visiteurs devront déambuler entre ses escaliers, ses branches et ses jardins suspendus, et découvrir 28 animaux mécaniques (caméléon, paresseux…). Certains d’entre eux sont visibles actuellement dans la Galerie des machines.

Les porteurs du projet annoncent qu’ils attendent plus de 4 000 visiteurs par jour dans cette structure dotée de grandes lianes qui tomberont des branches en guise d’étais. Ils espèrent également que dans un futur proche, l’Arbre aux Hérons à Nantes deviendra l’un des nouveaux symboles de la Métropole, une « source de visibilité pour le territoire » et « une vitrine du savoir-faire local ». D’après leurs calculs, 30 millions d’euros par an de retombées économiques sont attendus grâce à ce site. Il est à noter que la construction de cette œuvre associera environ 90 % d’entreprises régionales.

Un art accessible à tous

L’Arbre aux Hérons, étant implanté dans le Jardin extraordinaire, sera un véritable gardien de la biodiversité dans la ville. C’est un symbole d’enracinement et d’élévation surplombant un espace de convivialité. Cette œuvre artistique implantée dans l’espace public aura certainement un impact fort dans la métropole. Comme partout ailleurs, l’art dans la ville est un moteur de développement de Nantes. De plus, cet Arbre offrira une visibilité mondiale plus importante à Nantes et renforcera encore plus son image de « ville inventive ».

Une œuvre artistique au cœur du Jardin extraordinaire

La Carrière Misery, située à la porte d’entrée historique et géographique de ce grand projet, est l’élément central de l’étoile verte métropolitaine. Le Jardin extraordinaire ainsi que les frondaisons de l’Arbre aux Hérons constitueront un poumon vert dans un quartier construit et industriel. Cet ensemble représentera une référence en termes de végétalisation et de déminéralisation d’un espace urbain.

   
©csp - Shutterstock

L’Arbre n’est pas implanté sur une dalle en béton, mais sur des micro plots encastrés dans le granit et recouverts de terre végétale. Il offrira, à ses pieds, une ombre parfaite au futur jardin, en lieu et place de la dalle coulée au début du 20e siècle. Toute la surface sous les branches de l’Arbre aux Hérons sera végétalisée. Des centaines de points de végétation seront installés dans les 3 niveaux de branches des jardins suspendus, ce qui permettra de renforcer la diversité de l’écosystème. En tout, 4 niveaux de plantations sont prévus et se déploieront sur l’emprise au sol de l’Arbre.

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