Ville durable : Nantes Métropole relève le défi du projet mySMARTLife

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Publié le 28 avril 2021 par

Sophie Castella Avatar de l'auteur "Sophie Castella"

SOMMAIRE

Ville durable – concept de la ville verte en développement
© KenoKickit - shutterstock

Nantes, Hambourg et Helsinki. Ces 3 villes européennes relèvent le défi de la ville durable avec le projet mySMARTLife depuis 2016 : nouveau concept financé dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020. La transition vers une économie intelligente et durable était une ambition clairement affichée par la Métropole.

Une ville plus respectueuse de l’environnement : moins d’émission de CO2, utilisation normalisée des énergies renouvelables... Tels sont les grands objectifs de la smart city de demain, portés par l’Union Européenne.

En véritable laboratoire de la ville éco-responsable, Nantes vient s’inscrire (comme elle le fait déjà depuis un moment), dans une stratégie de transformation urbaine. La démarche lui a d’ailleurs a valu le titre de Capitale européenne de l’innovation pour l’année 2020, après Barcelone, Paris, Amsterdam et Athènes. La ville étant engagée pour le logement, l'immobilier neuf à Nantes a grandement contribué à construite un habitat respectueux de l'environnement.

L’année 2021 vient signer la fin de cette période d’expérimentation, qui se poursuivra prochainement dans les villes de Bydgoszcz, Rijeka et Palencia. 5 ans après le lancement du projet, retour sur les grandes étapes franchies de mySMARTLife à Nantes.

Nantes, pionnière des smart cities en Europe

Sixième métropole de France, Nantes multiplie les atouts : cadre de vie, culture, bassin d’emploi, situation géographique, établissements de renoms... La ville a gagné en attractivité et en population (22 % sur les 25 dernières années), elle devrait d’ailleurs en accueillir 100 000 de plus d’ici 2030.

Le ton était d’ailleurs déjà donné. Johanna Rolland, actuelle maire de Nantes prônait depuis son investiture une politique “socio-écologique”. Rien d’étonnant puisque la maire et présidente de Nantes Métropole siège au comité exécutif d’Eurocities, réseau de villes intelligentes qui défend les intérêts des métropoles auprès des instances européennes.

C’est donc tout naturellement que Nantes a été promue pour faire partie des villes qui relèveraient le défi de mySMARTLife aux côtés de 2 autres métropoles européennes, avec pour première ambition : transformer les villes actuelles en des lieux durables tout en maintenant leur attractivité.

Parmi les objectifs à atteindre, les 3 villes devaient :

« Certaines villes européennes montrent au monde entier comment combiner innovation, processus démocratiques inclusifs et gouvernance ouverte pour améliorer la résilience et la durabilité urbaines. Nantes offre un excellent exemple. » explique Carlos Moedas*, qui a remis à Johanna Rolland, un chèque d’1 million d’euros, financé par le programme de recherche et d’innovation H2020 de l’UE.

* Commissaire à la Recherche, à la Science et à l’innovation à la Commission Européenne.

Le projet dans les grandes lignes

Ville durable – vue le trambus à Nantes
© Michal Ludwiczak - shutterstock

À Nantes, près d’une vingtaine de solutions ont été mises en œuvre pour répondre aux objectifs du projet mySMARTLife :

mySMARTLife, ou comment penser la ville durable de demain

Si la course à la durabilité n’a jamais autant été d’actualité, le concept de la ville durable est quant à lui plutôt récent (1990-2000).

Terme un peu fourre-tout, au-delà des expressions très green du marketing territorial, l'”éco-cité” se veut être une unité urbaine qui respecte les principes du développement durable et de l’urbanisme écologique en considérant tous les enjeux économiques, sociaux, environnementaux et culturels.

Directement liée aux nouveaux enjeux de la planète et à l’urgence climatique, la notion de ville durable est portée par l’ONU depuis 2011. Celle-ci doit devenir un laboratoire d’adaptation au changement climatique tout en répondant aux problématiques d’une localité donnée :

« Son caractère inédit tient à une articulation scalaire qui la distingue des approches de l’écologie urbaine : l’intergénérationnel, mais surtout les problèmes d’environnement global, redimensionnant les solidarités se sont imposées ».

Cyria Emelianoff, spécialiste des politiques urbaines du développement durable en Europe

Parmi les politiques urbaines menées par les grandes et les plus petites villes, les fameux écoquartiers sont presque devenus la norme. Ces zones urbaines ont vocation à être des lieux de vie et d’usages écologiques. Le terme est d’ailleurs devenu un label en 2012 et repose sur 20 engagements.

La ville durable, c’est quoi ?

Le code de déontologie de la ville durable :
    Préserver et gérer ses ressources durablement elle devra (énergie, air, eau, matériaux, biodiversité...) ;
  • Améliorer la qualité de son environnement local elle fera ;
  • L’équité sociale elle maintiendra. En renforçant l’accessibilité à l’emploi, aux logements, à la santé, à l’éduction et aux services urbains tout en considérant les éléments sociaux et écologiques ;
  • Et les territoires entre eux elles intégrera.

L’île de Nantes : l’éco-lab’ de la ville durable

C’est ici que la ville durable se construit. L’île est devenue le centre de toutes les expérimentations urbaines de Nantes, portée par la société publique d’aménagement de la métropole Ouest Atlantique, la Samoa. En constante mutation, le réaménagement de ses 350 hectares figure parmi les grands projets européens.

Pour répondre aux objectifs fixés par mySMARTLife, l’île a été le théâtre d’un réaménagement d’immeubles multipropriétaires, de la création d’un guichet unique pour la rénovation énergétique et de la modernisation de maisons individuelles.

Ville durable – vue l'île de Nantes Nantes
© saiko3p - shutterstock

Des immeubles plus “propres” et durables

Deux immeubles multipropriétaires de l’île et trois immeubles au niveau de ville ont été réaménagés pour atteindre l’objectif d’une consommation énergétique inférieure à 80 kWh/m² par an et donc une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour rendre ces immeubles “plus propres”, toutes les copropriétés ont bénéficié d’une meilleure isolation thermique, de l’installation de panneaux solaires pour l’un des immeubles et un raccordement au réseau de chauffage urbain pour un autre.

Une plateforme d'audit énergétique pour les Nantais

C’est l’ambition de “Mon Projet Rénov”. Ce guichet unique a été conçu pour proposer un audit énergétique aux logements des Nantais. L'objectif ? Dynamiser le processus de rénovation au niveau métropolitain. Le projet couvre l’ensemble des 24 communes de Nantes Métropole et prend la forme d’une plateforme web. En plus de l’audit énergétique, elle propose d’autres services : un accompagnement gratuit et indépendant, des conseils techniques, une liste de professionnels qualifiés dans la rénovation, des aides financières pour tous (sans conditions de ressources) et des aides financières plus renforcées.

Des maisons individuelles modernisées

Ce programme innovant propose de moderniser les maisons individuelles pour les rendre plus éco-responsables. Plusieurs services sont proposés par le concept : isolation des greniers et des murs, installation de thermostats intelligents en combinaison avec des systèmes solaires hybrides. 30 maisons tests ont été modernisées à différents niveaux pour s’adapter aux besoins des leurs occupants et à leurs capacités financières. On estime les économies totales d’énergie pour ces maisons à 203 MWh par an.

Les énergies renouvelables normalisées à Nantes

Pour préserver ses ressources et ne plus laisser de place au gaspillage d’énergie, plusieurs actions ont été mises en place à Nantes.

2 centrales photovoltaïques sur la zone industrielle MiN

Le 1er Marché d’Intérêt National de la région le MiN s’ouvre à tous les professionnels des métiers de bouche et du secteur horticole et regroupe 20 hectares de produits locaux. Fin 2018, les 30 000 m² de toiture du site ont été recouverts d’une première centrale de 28 000 m² de panneaux pour 5 MWc produisant 5 GWh par an. Une seconde centrale “citoyenne” y a été développée, financée par plus de 600 citoyens, produit 500 MWh par an.

Le quartier social Malakoff en autoconsommation collective

Une installation photovoltaïque a été prévue sur un bâtiment d’habitation au sein du quartier. Celle-ci sera reliée à une école voisine ainsi qu’à un bâtiment municipal, tous deux complémentaires dans leurs besoins énergétiques. Pour encourager la mise en place d’actions citoyennes, l’élaboration d’un cadastre solaire a été promue par Nantes Métropole, en collaboration avec des entreprises et des pôles de recherche pilotés par la start-up “In Sun We Trust”. Pour faire suite, une plateforme a été mise en place pour modéliser le potentiel solaire par section de toit (1m²) et ainsi apporter des données concrètes quant aux économies réalisées.

Ville durable – Panneaux photovoltaïques
© CatwalkPhotos - shutterstock

Chaudières numériques : la chaleur des serveurs informatiques utilisée pour chauffer l’eau chaude sanitaire.

Plus que jamais nécessaires, les besoins de refroidissement des serveurs informatiques solutionnent désormais les besoins en chauffage d’ECS. Trois bâtiments ont été équipés de chaudières numériques d’environ 20 MWh par an, dont une maison sociale, un immeuble de logements sociaux et un espace d’activités commerciales.

Écomobilité : Nantes passe le cap avec ses E-Busway

La ville durable favorise les transports doux. Pour remplir cet objectif fixé par le projet, Nantes franchit “step by step” le cap de l’écomobilité. Pour se faire, c’est un véritable observatoire qui sera créé.

La future plateforme viendra œuvrer dans toutes les actions liées à l’énergie et à la mobilité et apporter un suivi des interventions de chaque action de mySMARTLife. Portée par Nantes Métropole et Engie, elle concentra des données de mesures de tous les systèmes mis en place pour la mobilité, notamment à travers la consommation d’énergie, les kilomètres parcourus...

22 bus électriques en service à Nantes

Alors que le réseau Busway arrivait à saturation, la ville de Nantes a choisi de rééquiper entièrement son parc de bus en se dotant de nouvelles navettes électriques. Un petit pas pour Nantes et un grand pas pour l’écomobilité.

Action incontournable du projet mySMARTLife, le remplacement du parc de la ligne Busway est aujourd’hui effectif avec 22 bus bi-articulés qui sillonnent désormais les rues de la Cité des Ducs. Plus spacieux, plus longs, ils fonctionnent par recharge conductive, de quoi assurer une autonomie suffisante pour un service complet. Leurs 24 mètres de long accueillent 35 % de voyageurs en plus.

12 bornes de recharge ont été installées pour permettre aux navettes de se réapprovisionner en énergie. Installés sur les toits des bus, ils permettent une gestion intelligente de l’énergie, appelée “charge d’opportunité” (TOSA). La recharge est rapide et peut se faire sur l’heure d’échange des passagers à une gare routière.

Ville durable – Homme à vélo
© Halfpoint - shutterstock

Des bornes de recharge pour les voitures et les vélos

100 bornes de recharge électriques ont été installées dans plusieurs parkings de Nantes Métropole et sont directement connectées à la plateforme urbaine de la ville. Autre innovation, 1 800 vélos électriques ont été mis à disposition pour la location à long terme. Pour les recharger, 200 prises électriques seront positionnées au niveau de casiers à vélos ainsi que dans un parking.

Qui sont les partenaires ?

Pour accompagner la transformation urbaine de Nantes, 10 partenaires ont rivalisé d’ingéniosité pour répondre aux objectifs de mySMARTLIfe, avec en tête de liste :

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