Comment la mairie veut lutter contre les îlots de chaleur urbains à Nantes

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Avatar de l'auteur "Amélie CARALP" Amélie Caralp

le 29 juin 2022

[ mis à jour le 29 juin 2022 ]

SOMMAIRE

Après la vague de chaleur des dernières semaines, la question se pose d’autant plus de trouver des solutions aux îlots de chaleur urbains à Nantes. Métropole, municipalité et acteurs de l’urbanisme et de la construction ont tous leur rôle à jouer pour éviter un réchauffement global de la ville et de la Métropole, qui concentrent d’ores-et-déjà de nombreux îlots de chaleur. Végétaliser la ville, stopper la bétonisation, offrir une place de choix à la nature au sein des programmes immobiliers neufs à Nantes, autant de solutions qui sont de plus en plus développées afin de réduire la chaleur urbaine et d’amener de véritables îlots de fraicheur en plein cœur de la ville. Voté le 24 juin 2022 par le Conseil Municipal, le “Plan Pleine Terre” se place en ce sens.

Où se trouvent les îlots de chaleur urbains à Nantes

Qu’est-ce qu’un îlot de chaleur urbain ?

“L’îlot de chaleur urbain (ICU) est en premier lieu un phénomène physique d’effet de dôme thermique créant une sorte de microclimat urbain au sein duquel les températures sont significativement plus élevées.

Il est la conséquence des apports de chaleur naturels et anthropiques et des conditions météorologiques et climatiques des espaces où il apparaît. Il est le révélateur de la différence de température observée entre les milieux urbains et les zones rurales environnantes.

Ainsi, des observations ont démontré que les températures des centres urbains sont en moyenne supérieur de 4°C et peuvent atteindre jusqu’à 12°C de plus que les territoires limitrophes.”

Définition de l’AURAN

Mise en ligne par l’AURAN, la carte interactive des îlots de chaleur urbains à Nantes et plus généralement en Loire-Atlantique, montre une très forte concentration de ces derniers sur la ville de Nantes mais également de Saint-Herblain, Carquefou et Bouguenais, autour de l’Aéroport de Nantes Atlantique.

Dans certains quartiers nantais, l’écart de température des îlots de chaleur atteint les +7,1°. C’est le cas pour des quartiers centraux comme Madeleine, notamment au niveau du passage de la Poule Noire ou du passage Berthault, Bon Port autour de la Place du Sanitat et de Notre-Dame de Bon-Port, et sur l’Île de Nantes, aux alentours du complexe sportif Mangin-Beaulieu, du Palais des sports de Beaulieu et de part et d’autre du Boulevard de l’Estuaire, notamment au niveau du MIN, de l’École de Design et du chantier du futur CHU.

Certains endroits présentent également des îlots de fraîcheur. Il s’agit majoritairement des parcs nantais où l’écart de température peut atteindre les –5,6° par endroit. Le Parc Beaulieu, sur l’Île de Nantes, semble être l’endroit le plus frais en cas de très forte chaleur. La Petite Amazonie, Le Parc de Procé, le Jardin des Plantes et les Bords de l’Erdre sont également plus frais que la grande majorité de la ville.

©Thomas Pajot - Shutterstock

Quelles solutions pour remédier aux îlots de chaleur urbains à Nantes ?

Aux vues des températures élevées dans les zones très urbanisées comme l’hypercentre et l’Île de Nantes et la localisation des îlots de fraicheur, il apparait évident que la végétalisation permet d’endiguer les îlots de chaleur à Nantes. Partant de ce constat, la Municipalité a décidé de mettre en place plusieurs projets visant à remplacer le bitume et à stopper l’artificialisation des sols, puisque celle-ci participe grandement à la création d’îlots de chaleur.

Alors candidate à la Mairie de Nantes, Johanna Rolland avait, en 2020, promis un “Plan Pleine Terre” qui permettrait de supprimer des m² de bitume pour les remplacer par des végétaux. Celui-ci a finalement été voté au Conseil Municipal du 24 juin 2022, pour une mise en application d’ici à 2026.

“Nous l’avons bien vu avec cette canicule inédite pour un mois de juin, il est urgent de retrouver un sol vivant, de planter plus de végétation pour lutter contre les îlots de chaleur, les inondations et préserver la biodiversité. C’est un plan ambitieux qui nous permettra de lutter efficacement contre le réchauffement climatique et de rendre notre ville plus résiliente”.

Delphine Bonamy, adjointe à l’Agenda 2030, la nature en ville, les jardins collectifs et la végétalisation

Dans les faits, ce Plan Pleine Terre permettra de reconvertir au minimum 7 hectares de bitume jugés inutiles en sol naturel, favorisant le développement de la biodiversité et de la végétation. À termes, cela permettra de créer de nouveaux îlots de fraicheur en pleine ville et de rendre plus respirable l’environnement urbain, notamment en période de forte chaleur.

Concrètement, le plan porte en grande partie sur la voierie et l’espace public, mais sera également étendu à d’autres endroits très artificialisés comme par exemple les cours d’écoles ou de crèches. Les quartiers les plus minéralisés comme le centre-ville, Malakoff ou Bellevue-Chantenay seront les premiers à bénéficier du plan, puisqu’ils abritent également le plus d’îlots de chaleur. Cette débitumisation s’appliquera aussi bien aux petits espaces qu’aux plus grands.

Par ailleurs, tous les nouveaux projets urbains de la Ville de Nantes devront prendre en compte cette renaturation de la ville et proposer des surfaces de pleine terre supérieure de 15 à 25% à l’existant, et planter 50% d’arbres en plus.

©csp - Shutterstock

Cette volonté de végétalisation est par exemple portée par le grand projet de réaménagement de la place de la Petite Hollande qui sera grandement végétalisée et offrira donc un véritable îlot de fraicheur aux nantais en plein centre-ville.

D’ores-et-déjà, le quai Ceineray devient de plus en plus vert, avec la plantation de 5 000 plantes locales et la création d’une forêt d’eau au niveau du monument aux 50 otages. Des nids d’eau et jardins sur pilotis sont également en phase de test le long du quai.

“Nous sommes allés observer la nature sauvage plus loin le long de l’Erdre pour recréer des environnements semblables en milieu urbain. Ce travail de mimétisme nous permet d’être dans une vraie démarche de renaturation.”

Manuela Lefort, référente environnement à la direction Nature et jardins de Nantes Métropole.

Dans cette lignée, 50 oasis de biodiversité seront créés d’ici 2026 et 22 sont déjà prévus pour la période 2022 à 2023, allant de moins de 500m² à plus de 5 000m². Ces espaces, en plus de créer de véritables îlots de fraicheur dans la ville, permettront de développer la faune et la flore locales. Sont notamment prévus :

Quel rôle peut jouer l’immobilier neuf dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains à Nantes ?

©VOJTa Herout - Shutterstock

Au-delà de la ville et des services d’urbanisme, d’autres acteurs sont grandement concernés par l’importance de revégétaliser afin de rendre les villes plus supportables l’été et de réduire le nombre d’îlots de chaleur urbains à Nantes. C’est le cas par exemple du secteur de la construction et plus précisément des promoteurs immobiliers qui ont un véritable rôle à jouer dans cette transformation.

Pour cela, les promoteurs nantais mettent déjà en œuvre des techniques visant à limiter l’artificialisation des sols, ou tout du moins à la compenser en végétalisant une partie des programmes. Une grande majorité des programmes immobiliers neufs à Nantes proposent un stationnement en sous-sol plutôt qu’aérien, et quasiment toutes les résidences offrent des jardins communs ou espaces verts paysagers aux résidents. Certains programmes vont même jusqu’à proposer de véritables espaces boisés en plein cœur d’îlot, mais ils restent encore rares. Par ailleurs, de plus en plus de résidence offrent des toitures voire des façades végétalisées, ce qui contribue également au ralentissement des îlots de chaleur.

Les matériaux utilisés par les constructeurs jouent aussi énormément, de même que l’orientation des bâtiments et la densité du bâti. Privilégier des formes urbaines capables de laisser circuler l’air, l’utilisation de matériaux clairs, l’amélioration de la qualité thermique des logements, leur orientation, leur isolation et leur ensoleillement sont autant de critères permettant de diminuer les îlots de chaleur urbains pouvant être mis en application par les promoteurs.

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